Les centres universitaires sont loin d’avoir le monopole de la recherche. Les Hautes Écoles ont également de nombreuses compétences à faire valoir dans ce domaine. Pour les accompagner, un organisme est sur le pont tous les jours : SynHERA.

 

Subsidié par la Région Wallonne, Innoviris et un FSE, SynHERA travaille à une mission à la fois simple et large : accompagner des enseignants-chercheurs des Hautes Écoles et de leurs Centres de Recherche associés dans des projets de recherche. Cela concerne à la fois la veille sur les financements privés, régionaux et internationaux, l’identification des besoins des entreprises ou même des Hautes Écoles, l’aide au montage des projets, etc.

 

Créée en 1999, elle s’appelait alors ADISIF et avait pour mission principale de développer les collaborations entre les entreprises et les départements technologiques des Hautes Écoles.

 

Fin 2013, la structure donne un nouveau tournant à sa mission : elle s’ouvre aux sciences humaines et sociales. ADISIF devient alors SynHERA, une dénomination qui marque davantage cette volonté de créer ou renforcer les synergies entre les entreprises et les Hautes Écoles, mais aussi d’accompagner la recherche dans toutes les disciplines couvertes par son réseau, qu’elles soient technologiques ou issues des sciences humaines et sociales.

 

« Si les universités sont généralement impliquées dans la recherche fondamentale, les Hautes Écoles sont plutôt concernées par la recherche appliquée », nous explique Déborah Toussaint, chargée de communication chez SynHERA. « Au total, notre réseau rassemble près de 1.000 chercheurs dans les Hautes Écoles et les Centres de Recherche associés. » C’est d’ailleurs une des forces revendiquée par la cellule. « Nous couvrons ainsi des domaines extrêmement larges que nous avons répartis en différents départements (sciences sociales, arts appliqués, économie, pédagogie, agronomie, technologie, paramédical) », ajoute encore Catherine Bolly, conseillère scientifique au sein de la structure.

 

La force de SynHERA réside dans sa connaissance à la fois du réseau et de toutes les compétences présentes dans celui-ci, mais également dans sa capacité à intervenir à toutes les étapes d’un projet. « Dès la conception d’un projet et jusqu’à sa valorisation, la cellule s’adapte et propose un accompagnement à la hauteur des besoins », continue Catherine Bolly. « Parfois, il s’agit de trouver les partenaires ou des financements, parfois c’est simplement de la communication… ».

 

Les projets émanent tantôt d’appels à projet, tantôt ils répondent à un besoin particulier d’une structure privée. « Par exemple, le projet ‘Modulo’ développé par l’Agence Immobilière de Saint Gilles en partenariat avec le département social de la Haute École ICHEC-ECAM-ISFSC. L’idée était de concevoir des habitations modulaires pour les sans-abris. Ce projet a d’ailleurs été présenté parmi d’autres projets au FEIS (Forum de l’Economie et de l’Innovation Sociale) le 21 février dernier. » Enfin, il peut s’agir encore d’initiatives internes à une Haute École. « Nous cherchons à valoriser toutes ces démarches en mettant notre réseau et nos compétences à disposition des projets. A titre d’exemples d’innovation en santé, SynHERA accompagne deux autres projets, également présentés lors du FEIS en février. A la Haute École Léonard de Vinci, le projet ‘Participate Brussels’ [1] explore actuellement, main dans la main avec les bénéficiaires de soin et les professionnels de santé, la personnalisation des soins dans le cadre de maladies chroniques, grâce à une financement d’Innoviris (Région de Bruxelles-Capitale). Le projet ‘EURéSAM’ [2], porté par la Hénallux (terminé en décembre 2019), s’est pour sa part intéressé à la précarité liée aux trajets transfrontaliers de soins ambulatoires en santé mentale, mettant en avant des bonnes pratiques et recommandations politiques à mettre en œuvre de part et d’autre de la frontière franco-belge.

 

Des compétences transversales variées

Ce ne sont pas moins de 14 personnes qui s’activent au quotidien dans la structure. De nombreux conseillers scientifiques, chacun spécialisé dans son domaine, mais aussi un juriste, deux chargés de communication, un expert en projets européens et un business developer. SynHERA est réparti sur deux sites, l’un à Naninne, près de Namur, l’autre au cœur de Bruxelles. Ils sont ainsi à la fois proches des entités wallonnes et bruxelloises. Il n’en reste pas moins que toute l’équipe travaille de façon transversale et peut agir sur l’ensemble des projets, quelle que soit son origine régionale. « Nous avons l’avantage d’être unique en Fédération Wallonie-Bruxelles, puisque nous sommes la seule interface pour l’ensemble des 19 Hautes Écoles et de leurs 10 Centres de Recherche associés. Cette situation nous offre une vue globale sur tout ce qu’il se passe [3]. »

 

Outre l’accompagnement de projet et la veille sur les diverses opportunités (financement, partenariats, valorisation, etc.), SynHERA propose aussi des formations autour de la recherche. « Il n’y a pas d’École Doctorale en Haute École. Pour optimiser la qualité scientifique des projets de recherche menés par les enseignants-chercheurs en Haute École,  nous proposons ainsi des parcours de formation à la recherche, d’une ou plusieurs journées (ProPulse, DiscovHEr), ou des formations ‘à la carte’ pour répondre à des besoins plus spécifiques (propriété intellectuelle, valorisation de logiciels, création de posters scientifiques…). »

 

N’oubliez pas les chèques technologiques !

Les entreprises peuvent bénéficier d’un accompagnement pour un projet de développement et d’innovation technologique via les chèques technologiques et ils sont aussi valables pour les projets de recherche avec les Centres de Recherche associés aux Hautes Écoles. Plus d’info : https://www.wallonie.be/fr/demarches/se-faire-accompagner-pour-un-projet-de-developpement-et-dinnovation-technologique

 

Un exemple de projet : Tubbemodelen…

Ce projet a vu le jour suite à un appel à financement de la Fondation Roi Baudouin. Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Haute École Robert Schuman a été mandatée pour mener ce projet dans trois maisons de repos et de soins.

 

Tubbe est un modèle d’organisation et de gestion appliqué par différentes maisons de repos et de soins dans une commune rurale de l’ouest de la Suède. L’idée est de proposer une gouvernance participative avec implication des résidents et du personnel. Il y a 4 ans, plusieurs directeurs de maisons de repos et de soins ont cherché à en savoir plus afin de voir comment éventuellement adapter ce modèle dans notre plat pays. La Fondation Roi Baudouin a organisé différentes visites réciproques et six projets pilotes ont été lancés en Belgique.

Pour réaliser ces expériences pilotes, ont été mis en place des questionnaires et des groupes de travail (focus group) impliquant à la fois des résidents, des membres du personnel (personnel soignant, mais aussi ouvriers de maintenance ou cuisiniers) et les directions des différentes institutions. Le tout a été mené par la Haute École Robert Schuman en Wallonie et la Thomas More Hogeschool pour les maisons de repos en Flandre.

 

L’analyse s’est terminée en juin 2019 et a abouti à un rapport complet [4] sur la façon dont pourrait être mise en place cette gouvernance participative, ainsi qu’à une brochure pratique pour guider d’autres établissements. Aujourd’hui, la Fondation Roi Baudoin a, à nouveau, ouvert un appel [5] pour que 50 maisons de repos puissent bénéficier d’un coaching pour mettre en place ce modèle d’organisation.

 

… et un autre en robotique : Nao Robot humanoïde créateur de lien social

La Haute École en Hainaut, en partenariat avec la Haute École Robert Schuman et le Collège de Valleyfield au Canada, a mené un projet visant à programmer un robot humanoïde, NAO, pour faciliter la mise en relation avec un public réputé « vulnérable » : les enfants autistes. Ce projet a obtenu un financement de 2017 à 2019 auprès de WBI pour la création d’une expérience interactive, en collaboration avec deux institutions du domaine social : I.M.P. L’Espéranderie et l’Ancre.

NAO, le robot humanoïde haut de 60 cm, dispose d’un faciès très sympathique et qui plait aux plus jeunes en général. L’idée du projet est de les utiliser pour faciliter le contact avec des enfants autistes notamment à travers différents scénarios programmables, puis de les appliquer à d’autres publics vulnérables (enfants avec troubles du comportement, handicap, personnes âgées…)

 

Ce projet a été présenté en 2018 dans le cadre de la Journée des Chercheurs en Haute École que SynHERA organise une fois par an.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur SynHERA ? Rendez-vous sur synhera.be et suivez l’actualité de SynHERA sur Facebook et LinkedIn.

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Pour en savoir plus :

[1] Lien vers le site du projet Participate Brussels: http://www.participate.brussels/

[2] Lien vers le site du micro-projet France-Wallonie-Vlaanderen EURéSAM: http://www.euresam.eu/

[3] Cette situation diffère des universités de la Fédération Wallonie Bruxelles qui ont généralement chacune leur propre interface pour la recherche.

[4] Rapport vulgarisé des résultats de la recherche menée par la HE Robert Schuman et Thomas More (paru en juin 2019) à lire ici : https://www.kbs-frb.be/fr/Activities/Publications/2019/20190612avc

[5] Appel de la Fondation Roi Baudouin (clôture: 6 avril 2020) pour financer le coaching dans le cadre d’implémentation du modèle Tubbe dans les MR(S): https://www.kbs-frb.be/fr/Activities/Calls/2020/20191126avc